Montauban : il détourne 98 000 € à l’association “Présence à domicile”

Costard bleu, pochette assortie et grosses baguouses, Alexandre, un Montalbanais de 31 ans, poursuivi pour avoir encaissé à son profit durant deux ans les chèques de l’association dont il est l’auxiliaire comptable, ne semble pas trop émotionné par son procès devant le tribunal correctionnel, ce mardi. Absente, son épouse, une prof de yoga est également mise en cause pour le recel de cet abus de confiance aux dépens de l’association présence à domicile œuvrant pour le maintien des personnes âgées chez eux. Interrogé par le président Abentin sur son mode opératoire lui ayant permis de détourner la coquette somme de 98 000 €, le trentenaire explique simplement son process. “Je réceptionnais les chèques des clients, j’en changeais l’ordre et je les encaissais sur mon compte bancaire…

Enfin, je mettais en suspend les relances de la créance pour que les clients ne s’inquiètent pas”, déclare sans émotion ni regret le prévenu disant avoir “été libéré” lorsqu’il a été contraint par sa banque de dévoiler le pot aux roses à son employeur, en décembre 2019. Durant deux ans, le couple ne se préoccupe pas trop des dépenses: voyages, sorties et restaurants sans compter. “À l’origine, on avait des fins de mois difficiles après j’ai vu que cela passait, j’ai été pris dans une spirale”, insiste Alexandre. “Vous ne pensiez pas être pris?”, le questionne le juge. “- C’était comme une addiction”. “Avez-vous commencé à rembourser?” “- Pas du tout”, lâche sans froncer un sourcil le mis en cause disant ne toucher que 1 350 € d’indemnité chômage depuis son licenciement pour faute grave. “Il a fallu plusieurs mois pour comptabiliser l’ampleur de ce détournement contre une association à but non lucratif”, rappelle de son côté Me Michel Joly réclamant le remboursement des 98 000 € à l’association. Une somme à laquelle rajoute la vice-procureure Anne Gaullier une peine de douze mois de sursis probatoire et celle de six mois de sursis contre la receleuse du dossier.

Une dernière demande ne satisfaisant ni l’avocate de l’épouse ni celle du mari. “Elle a eu connaissance des faits qu’à l’été 2019 alors qu’elle était enceinte”, assure Me Payrou plaidant la relaxe pour sa cliente. “Si vous la condamniez, cela sera une erreur”, enfonce le clou Me Mascaras, conseil du trentenaire. Le tribunal ne l’entend pas ainsi en prononçant les réquisitions assorties de la condamnation solidaire au remboursement des près de 100 000 € détournés à l’association.

Max Lagarrigue – LADEPECHE.fr