Attentat du Bardo à Tunis : un avocat montalbanais dans l’action collective

Article issu de la Dépêche du Midi du 10 octobre 2015 : http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/10/2194627-attentat-bardo-tunis-avocat-montalbanais-action-collective.html.

Sept mois après l’attentat du musée du Bardo, le Montalbanais Laurent Mascaras et deux autres avocats des victimes ont lancé une action de groupe afin d’obtenir de meilleurs dédommagements de l’Etat tunisien.

La juge d’instruction recevra lundi, à Paris, les victimes françaises de l’attentat du musée du Bardo pour leur donner des informations sur les investigations effectuées ou encore en cours. Françoise Rudetzki, déléguée au terrorisme à la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs les rassemblera ensuite aux Invalides. Laurent Mascaras, avocat au barreau deMontauban ne manquera pas les deux rendez-vous. Et pour cause. Non seulement, il défend Nadine Lhuissier qui visitait le musée lorsque l’attaque terroriste a éclaté et a tué son compagnon de Castelsarrasin Christophe Tinois, mais il participe, dans ce dossier aussi, à action en justice totalement révolutionnaire en matière de terrorisme.

Sécurité négligée

Trois avocats français veulent obtenir plus que les indemnisations classiques octroyées par le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme (FGTI). En lançant leur collectif, Laurent Mascarras Géraldine Berger-Stenger et Philippe de Veuille visent l’Etat tunisien qui aurait fait montre, à leurs yeux, de certaines négligences en matière de sécurité. «On estime que ce n’est pas uniquement l’Etat français à prendre en charge l’indemnisation par le fonds de garantie. On pense que la sécurité du musée du Bardo n’était pas assurée pour prendre en compte le risque terroriste qui s’était particulièrement manifesté à plusieurs reprises dans les pays du Maghreb, notamment à l’encontre des touristes. Le collectif cherche à responsabiliser l’Etat tunisien afin que son intervention ne soit pas dirigée uniquement à l’encontre des auteurs, mais également en faveur d’une répartition réelle du préjudice subi par les victimes, de toutes religions, de toutes nationalités», explique l’avocat de la rescapée castelsarrasinoise.

Pour l’heure, une dizaine de victimes sont regroupées derrière les trois avocats français. Un avocat polonais a pris le train en marche. D’autres pourraient encore suivre le mouvement.

Demande officielle

Mais avant d’en venir à une quelconque plainte ou attaque en justice, le collectif entend jouer la carte de la diplomatie. «On va d’abord prendre connaissance de toutes les investigations menées dans ce dossier. On va certainement transmettre ensuite une demande officielle aux autorités tunisiennes. On verra alors si le contentieux peut se régler à l’amiable», indique Laurent Mascarras.


Le bilan

L’attentat perpétré le 18 mars dernier avait fait 22 morts, dont quatre Français.

Après l’attaque, les autorités tunisiennes avaient annoncé l’arrestation de 23 personnes. Le mois suivant le nombre de suspects incarcérés avait été porté à 46.