Prison ferme pour le trio de cambrioleurs de l’été 2014

Article issu de La Dépêche du Midi du 8 octobre 2015 : http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/08/2193245-prison-ferme-trio-cambrioleurs-ete-2014-2014.html

Extraits de leur cellule où ils étaient placés en détention provisoire depuis avril dernier, le Montalbanais Mounire Chaaouane, 36 ans, le Moissagais Sony Benoni, 31 ans, ainsi qu’un autre Montalbanais Nicolas Zucconi, 25 ans, qui comparaissait libre, ont occupé une grosse partie de l’audience correctionnelle de mardi. Les deux premiers qui sont des «habitués» du banc des accusés du TGI de Montauban puisqu’à eux seuls, ils cumulent pas moins de quarante condamnations (21 pour Chaaouane et 19 pour Benoni), avaient semé, fin août 2014, un véritable vent de panique dans un vaste secteur compris entre Saint-Nauphary et Monclar-de-Quercy, en commettant une razzia de vols avec effraction. L’interrogatoire mené par le président Birgy qui connaissait bien «ses» clients du jour, allait tourner court. Aucun d’eux ne reconnaissant les faits, le jeune Zucconi qui allait comparaître dans un autre dossier de vol sur Montauban, faisait même mine de ne pas connaître «ce Chaaouane-là.» De quoi irriter le président Birgy qui rappelait les éléments de preuve à charge contre le trio de cambrioleurs. «Les enquêteurs ont confirmé que vos téléphones étaient systématiquement éteints lors des périodes des vols, et curieusement rallumés exactement au même moment une dizaine de minutes après les cambriolages.» Un élément qui soulevait les protestations des avocats de la défense Mes Laurent Mascaras, Amélie Villageon et Charles de Luynes. Ce dernier opposant au magistrat : «Ce n’est pas parce que votre gsm est éteint que vous êtes l’auteur des vols. Il y a un élément de doute.» Et Alain Birgy de lui rétorquer : «Le doute n’est pas encore un élément de preuve.» Plus accablant, l’identification du véhicule qui avait été vue sur de nombreux cambriolages. Une Clio blanche appartenant à Mounire Chaaouane. Des éléments à charge sur lesquels revenait la vice-procureur Véronique Benlafquih avant de donner un réquisitoire à la hauteur du palmarès des accusés. «C’est une bande que l’on retrouve partout qui a causé un important climat d’insécurité. Les enquêteurs ont de l’ADN, de la téléphonie, un véhicule au moment des faits mais tout cela n’est que pure coïncidence.» Des propos qui avaient le don d’irriter, Me Mascaras qui défendait Sony Benoni. «Sans éléments de preuves tangibles, je suis toujours surpris que l’on réclame 6 à 4 ans de prison !», tempêtait-il en rappelant aussi l’état de santé de son client fragilisé par des années de toxicomanie à l’héroïne. Rien toutefois qui n’allait attendrir le tribunal qui s’était agacé de l’absence d’aveux, et qui condamnait Mounir Chaaouane a 4 ans ferme, S. Benoni à 3 ans dont 2 avec sursis et N. Zucconi à 2 ans dont 1 avec sursis.